Aller au contenu principal
← Retour au blog

Bilan neuropsychologique : RGPD et hébergement HDS

Ce que la réglementation impose pour les logiciels traitant des données de santé : hébergement HDS, chiffrement, droits patients.

Pourquoi le RGPD concerne chaque neuropsychologue

Un compte-rendu WISC-V contient le nom de l’enfant, sa date de naissance, ses scores cognitifs, vos observations cliniques et vos recommandations. Ce sont des données de santé au sens du RGPD (article 9) — la catégorie la plus protégée. La CNIL peut sanctionner les manquements ; les plafonds théoriques (jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires) visent les grands groupes — pour un·e praticien·ne libéral·e, le risque concret est surtout la mise en demeure et l’atteinte à la confiance des patients.

Que vous exerciez en libéral ou en structure, vous êtes responsable de traitement. Cela signifie que c’est vous — pas l’éditeur du logiciel — qui êtes juridiquement responsable de la protection des données de vos patients.

Les données concernées dans un bilan

Chaque bilan neuropsychologique génère plusieurs catégories de données sensibles :

CatégorieExemplesQualification RGPD
IdentitéNom, prénom, date de naissanceDonnées personnelles (art. 4)
Scores cognitifsQIT, indices, notes standardDonnées de santé (art. 9)
Observations cliniquesComportement, attention, fatigueDonnées de santé (art. 9)
RecommandationsAménagements, orientation, prise en chargeDonnées de santé (art. 9)
AntécédentsMédicaux, scolaires, familiauxDonnées de santé (art. 9)
Coordonnées parentsTéléphone, email, adresseDonnées personnelles (art. 4)

Hébergement HDS : ce que dit la loi

En France, l’article L.1111-8 du Code de la santé publique impose que les données de santé à caractère personnel soient hébergées par un prestataire certifié HDS (Hébergeur de Données de Santé).

Ce que la certification HDS implique

  • Localisation — Le serveur doit être situé en France ou dans l’UE. Les hébergeurs américains ne suffisent pas, même avec le Data Privacy Framework (DPF), car les lois FISA/CLOUD Act permettent l’accès aux données par les autorités US.
  • Certification valide — La certification HDS est délivrée par un organisme accrédité (AFNOR, Bureau Veritas, BSI). Elle est valide 3 ans, avec un audit de surveillance annuel. Demandez le certificat et vérifiez la date.
  • Chiffrement — AES-256 au repos + TLS 1.3 en transit. Le chiffrement doit couvrir les bases de données, les sauvegardes et les fichiers.
  • Isolation — Row Level Security (RLS) : aucun·e praticien·ne ne doit pouvoir accéder aux données d’un autre, même par erreur technique.
  • Sauvegardes — Sauvegardes automatiques, chiffrées, avec un plan de reprise d’activité (PRA) documenté.

Les droits des patients

Le RGPD accorde aux patients (ou à leurs représentants légaux pour les mineurs) 6 droits que votre logiciel doit permettre d’exercer :

DroitArticle RGPDCe que votre logiciel doit permettre
AccèsArt. 15Exporter une copie complète des données du patient
RectificationArt. 16Modifier les informations inexactes
EffacementArt. 17Supprimer un patient (sous réserve des délais de conservation)
PortabilitéArt. 20Fournir les données dans un format structuré, lisible par machine
OppositionArt. 21Cesser le traitement sur demande motivée
LimitationArt. 18Geler les données sans les supprimer (en cas de litige)

Durée de conservation

Les comptes-rendus neuropsychologiques doivent être conservés pendant une durée qui dépend du contexte :

  • Mineurs — Jusqu’à la majorité de l’enfant + 10 ans (Code de la santé publique, R.1112-7)
  • Adultes — 20 ans à compter du dernier passage (même référence)
  • En pratique — Le droit à l’effacement ne s’applique pas pendant cette période de conservation obligatoire

Votre logiciel doit gérer cette distinction : un patient ne peut pas demander la suppression de son dossier si la durée de conservation n’est pas écoulée.

Le registre de traitement

Tout responsable de traitement doit tenir un registre des activités de traitement (article 30 RGPD). Pour un neuropsychologue libéral, ce registre doit documenter :

  • La finalité du traitement (réalisation de bilans neuropsychologiques)
  • Les catégories de données traitées (identité, scores, observations)
  • Les destinataires (parents, école, médecin prescripteur)
  • La durée de conservation (voir ci-dessus)
  • Les mesures de sécurité (chiffrement, hébergeur HDS, accès)
  • Les sous-traitants (l’éditeur du logiciel, l’hébergeur)

La CNIL met à disposition un modèle de registre simplifié pour les TPE/PME, applicable aux libéraux.

IA et données de santé : les 3 risques

Si votre logiciel utilise l’IA générative pour rédiger les comptes-rendus, trois risques juridiques se posent :

  • Transfert hors UE — Si les scores et observations sont envoyés à un LLM hébergé aux États-Unis (OpenAI, Anthropic), c’est un transfert de données de santé hors UE. Même avec des clauses contractuelles types, les autorités européennes considèrent ce transfert problématique depuis Schrems II (2020).
  • Entraînement du modèle — Si les données servent à entraîner le modèle, c’est un détournement de finalité (article 5-1-b RGPD) et une violation du consentement.
  • Absence de traçabilité — Un LLM ne peut pas expliquer pourquoi il a formulé une interprétation clinique. En cas de contestation, vous ne pourrez pas justifier la source de l’analyse.

Pour approfondir la distinction déterministe vs IA, consultez Algorithme vs IA en neuropsychologie.

Checklist conformité pour votre logiciel

VérificationRéférence légaleÀ demander à l’éditeur
Hébergement HDS certifié France/UEL.1111-8 CSPCertificat HDS avec date
Chiffrement AES-256 + TLS 1.3Art. 32 RGPDDocumentation technique
Isolation par praticien·ne (RLS)Art. 32 RGPDArchitecture de sécurité
Pas d’entraînement IA sur les donnéesArt. 5-1-b RGPDClause contractuelle
Export données patientArt. 20 RGPDFormat de l’export
Suppression compte + donnéesArt. 17 RGPDDélai et procédure
Contrat de sous-traitanceArt. 28 RGPDDPA (Data Processing Agreement)
Sauvegardes chiffréesArt. 32 RGPDFréquence et rétention
Registre de traitement fourniArt. 30 RGPDModèle ou template

Ce que Prisme met en place

Prisme est hébergé en France sur OVHcloud, à Gravelines (certifié HDS). L’architecture de sécurité comprend :

  • Chiffrement — AES-256 au repos, TLS 1.3 en transit, clés gérées par l’hébergeur
  • Isolation — Row Level Security (RLS) sur PostgreSQL : chaque praticien·ne ne voit que ses données
  • Sauvegardes — Automatiques, chiffrées, avec rétention configurable
  • IA optionnelle — La reformulation par modèle de langage est désactivable section par section. Les données sont anonymisées côté client avant envoi. Un compte-rendu complet peut être produit sans jamais l’activer.
  • Conformité contractuelle — DPA inclus dans les CGU, engagement de non-entraînement IA, sous-traitants listés

Pour connaître les critères complets d’évaluation d’un logiciel de bilan, consultez Logiciel pour neuropsychologue : ce qu’il faut vraiment regarder. Pour découvrir les formules, rendez-vous sur la page tarifs.

Vérifiez le cadre HDS/RGPD sur un cas réel, puis consultez la formule adaptée.

Comparez les formules à partir d'une preuve concrète: un cas clinique réel, la traçabilité associée et les limites présentées clairement.

Voir les tarifs avec cas réel